Déclarer mon FAMI 2025

Le Forfait d’Aide à la Modernisation et à l’Informatisation (FAMI) est une aide financière annuelle qui a pour objectif de financer, en partie, les outils numériques des infirmières libérales. À partir du 12 janvier 2026, vous pouvez déclarer sur votre compte Ameli pro, les indicateurs de 2025.

Vous trouverez ci-dessous les différents critères nécessaires pour obtenir cette aide versée par votre CPAM.

1. Les 5 critères principaux

Pour les IDEL, ces critères sont similaires aux critères du FAMI 2024.

✅ Utiliser un logiciel à jour du cahier des charges SESAM-Vitale, c’est -à dire qu’il répond aux exigences des avenants publiés sur le site du GIE-SESAM VItale en 2024, pour l’année 2025.

VEGA est par exemple un logiciel infirmier à jour du dernier cahier des charges pour 2025.

✅Avoir un logiciel compatible DMP

✅Recourir à la solution SCOR, pour transmettre les ordonnances et autres pièces justificatives à la CPAM.

✅Obtenir un taux de télétransmission 70 % : la part de vos Feuilles de Soins Électroniques (FSE) doit représenter au moins 70 % de votre activité globale.

✅ Avoir une Messagerie Sécurisée de Santé (MSSanté) : vous devez disposer d’une adresse sécurisée (type @mssante.fr ou @apicrypt.org en version v2) pour échanger les données patients.

A combien s’élève le montant de l’aide❓490par an.

📢Attention : pour toucher le forfait de base, vous devez impérativement valider les 5 critères ci-dessus. Si l’un d’eux manque à l’appel, le forfait de 490 € ne sera pas versé.

2. L’indicateur de Prise en Charge Coordonnée

Cet indicateur est complémentaire. Il ne se déclenche que si les 5 indicateurs socles sont validés.

Il valorise votre implication dans le parcours de soin. Si l’infirmière en libéral répond à l’un de ces critères elle obtiendra 100€ en plus des 490€.

Vous êtes éligible si vous participez à :

  • une Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS).
  • une Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP).
  • une Équipe de Soins Primaires (ESP).
  • ou d’autres formes de coordination (réunions pluripro, etc.) justifiées par une attestation.

3. Les bonus télésanté

Bonne nouvelle 🎉: contrairement à l’indicateur de Prise en Charge Coordonnée, ces aides sont indépendantes des indicateurs socles. Même si vous n’avez pas vos 70 % de télétransmission, vous pouvez les toucher si vous êtes équipé.

  • Aide à la vidéotransmission (350 €) : pour l’abonnement à une solution de téléconsultation/télésoin sécurisée.

Le bon plan IDEL :  connaissez-vous la solution ClickdocPro ?

  • Aide aux objets connectés (175 €) : pour l’achat d’appareils de mesure (oxymètre, stéthoscope connecté, tensiomètre, etc.).

Focus IPA : Pour les Infirmiers en Pratique Avancée, des majorations spécifiques existent (pouvant aller jusqu’à 1 120 € selon la zone d’exercice).

4. Calendrier et démarches

Ne laissez pas passer les dates ! La déclaration ne se fait pas en temps réel, mais l’année suivante.

  • Période d’exercice : du 1er janvier au 31 décembre 2025.
  • Période de déclaration : du 12 janvier au 2 mars 2026
  • Où déclarer ? Sur votre espace Amelipro, rubrique « Activités » > « Ma Convention ».

Conseil d’une infirmière organisée : pensez à télécharger dès maintenant vos attestations éditeurs (logiciel, SCOR, MSSanté) sur le site de votre fournisseur. Elles vous seront demandées lors de la saisie si les données ne sont pas pré-remplies par l’Assurance Maladie.

Annexes :

guide-indicacteur-FAMI.pdf

Quand l’infirmière libérale devient aidante : un marathon quotidien !

En tant qu’idel, vous êtes chaque jour un pilier essentiel pour vos patients et leurs aidants. Par votre disponibilité, votre écoute et votre expertise, vous les accompagnez dans les moments les plus vulnérables de leur vie, apportant soutien, réconfort et soins personnalisés. Vous devenez ainsi un repère rassurant au cœur de situations parfois complexes, où la maladie et la perte d’autonomie bouleversent le quotidien. Vous êtes une personne ressource, une oreille à laquelle on peut confier ses doutes, ses peurs, une épaule sur laquelle on peut parfois s’effondrer.

Mais qu’advient-il lorsque, à votre tour, la vie vous place dans le rôle d’aidante auprès d’un proche ? Lorsque votre engagement professionnel rejoint l’intime et que vous devez conjuguer vos compétences avec les émotions et les responsabilités qui incombent à tout aidant ? C’est alors une nouvelle expérience qui débute, pleine de défis et d’enseignements à partager.

Et en tant que professionnel en libéral, à quelle aide financière je peux prétendre ?

  • Le Dossier MDPH

Que ce soit pour votre enfant, votre conjoint ou l’un de vos parents, prendre soin d’eux au quotidien est déjà une grande responsabilité, et c’est précisément pour cela qu’il peut être précieux de déposer un dossier auprès de la MDPH. Les délais étant souvent longs, l’envoyer dès que possible permet de ne pas retarder d’éventuelles aides. Prenez le temps d’y joindre tout ce qui illustre concrètement vos réalités de chaque jour : descriptions des difficultés, mais aussi factures et justificatifs de tous les frais engagés.

Remplir ce dossier peut sembler éprouvant, à la fois à cause du nombre de pages et de ce que cela oblige à accepter. Ce moment vous invite à prendre du recul sur ce que vous vivez, sur ce que vit votre proche et sur ce que cela change dans votre vie. Autorisez-vous à décrire la situation telle qu’elle est vraiment, avec toutes les difficultés rencontrées, sans les minimiser et sans culpabilité.

La petite astuce : glissez une lettre dans votre dossier dans laquelle vous demandez à être présent à la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapés. Votre présence lors de la commission a l’avantage d’expliciter vos demandes directement aux différents décisionnaires.

La MDPH déclenche ces aides :

  • AEEH et ses compléments : l’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé est une aide financière destiné à la famille d’enfants en situation de handicap. Le montant varie en fonction du degré de handicap de l’enfant.
  • L’AAH et ses compléments : l’Allocation aux Adultes Handicapés est une aide financière pour les adultes en situation d’handicap. Tout comme l’AEEH les montants varient.
  • Le PCH : La Prestation de Compensation du Handicap permet de couvrir les dépenses liées à la perte d’autonomie. Elle finance différents besoins tels que les aides humaines, le matériel, le transport…

⚠️ Attention : elle est cumulable avec l’AEEH et l’AAH mais leur cumul est plafonné et bien encadré pour que l’ensemble des aides ne dépasse pas les coûts réels engagés pour la personne concernée.

  • Le statut d’aidant qui permet de bénéficier :
    • de l’affiliation à l’assurance vieillesse,
    • d’ouvrir un droit au chômage,
    • de profiter d’avantages fiscaux.
  • Les aides financières indépendantes de la MDPH

Après cette étape, en fonction de votre situation, et en attendant la décision de la MDPH vous pouvez prétendre aux aides suivantes :  

Si vous vous occupez d’un adulte en perte d’autonomie :

  • L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), si vous réduisez votre activité pour vous occuper de votre proche vous pouvez demander cette aide financière. Attention : la situation de la personne aidée doit répondre à des critères spécifiques.
  • L’Allocation Personnalisée d’Autonomie : l’aide au répit finance des solutions tels que des accueils de jour, un hébergement temporaire ou un relais à domicile. Cette aide est dédiée aux proches aidants de personnes âgées.
  •  Vous pouvez aussi devenir employée de votre proche pour l’aide apportée au quotidien.

Si vous vous occupez de votre enfant :

  • Les AJPP : l’Allocation Journalière de Présence Parentale est une aide financière quand l’un des deux parents ou les 2 parents arrêtent leur activité professionnelle pour s’occuper de leur enfant.

📌 À savoir : vous avez besoin qu’un médecin remplisse une attestation prouvant la nécessité de la présence de l’un de ses parents. Il est possible de prendre seulement des demi-journées de congés.

Si vous vous occupez d’une personne en fin de vie :

  • L’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie, une indemnité peut être demandée pour 21 jours maximum. Pour en savoir plus sur cette allocation, cliquez ici

Sur quelles aides humaines pouvez-vous vous appuyer ?

Cumuler une activité d’idel et un rôle d’aidante, c’est vivre une double charge émotionnelle et organisationnelle qui expose fortement à l’épuisement, voire au burn-out. Vos compétences de soignante vous donnent des réflexes utiles : éducation, gestes techniques, repérage des signes d’alerte, organisation des soins à domicile. Mais cette expertise peut aussi vous enfermer dans le rôle de “celle qui gère tout”, ce qui complique le fait de demander de l’aide ou de poser des limites.

Pour cela il est essentiel que vous preniez soin de votre santé physique et mentale.

Une pause n’est pas du temps perdu mais un regain d’énergie pour le reste de la journée. Cela peut-être simplement : lire une jolie phrase, admirer un paysage, une courte sieste, prendre le temps de boire une tisane ou simplement un verre d’eau.

Pour vous accompagner, il existe des associations. Elles proposent des sorties, des groupes de paroles, de l’aide pour les démarches administratives, des conférences sur des thématiques ciblées. Elles connaissent aussi les dispositifs pour avoir un peu de répit, les centres de loisirs adaptés, les structures pour des vacances plus sereines. Dans certaines villes il y a aussi des « café des aidants » pour partager et se décharger un peu.

En fonction des pathologies, notamment si elles sont rares, les personnes concernées créent des communautés WhatsApp et Facebook afin de partager ce qu’elles vivent. 

Pour conclure, être infirmière libérale et aidante, c’est porter chaque jour une double casquette, avec tout ce que cela implique de défis, d’organisation et d’émotions. Entre les démarches administratives à gérer, la recherche d’aides financières parfois complexes à mobiliser, et la nécessité de trouver des soutiens non financiers pour ne pas s’épuiser, ce parcours peut paraître solitaire et difficile.

Pourtant, il existe des ressources : organismes, associations, structures d’accompagnement ou groupes de parole, pensés pour vous épauler dans chacune de ces étapes. N’hésitez pas à vous rapprocher de ces réseaux : personne ne devrait avoir à avancer seul sur ce chemin. S’informer, demander de l’aide ou partager son expérience n’est pas un aveu de faiblesse, mais une force qui permet de continuer à prendre soin des autres… et de soi-même.

À toutes celles et ceux qui vivent cette réalité au quotidien, sachez que vous n’êtes pas seules, et qu’il existe des solutions pour vous soutenir, reconnaître votre implication, et préserver votre équilibre.

Témoignage d’un infirmier en libéral, papa d’un enfant en situation de handicap :

J’ai travaillé pendant 10 ans en hôpital psychiatrique, aujourd’hui en tant qu’IDEL ma patientèle est majoritairement avec des pathologies psychiatriques. Je commence mes tournées tôt et en journée continue, ce qui me permet de terminer ma journée à 15h 15h30.

Mon conseil administratif ? L’organisation pour les dossiers MDPH : je commence un dossier dès que j’en termine un ! Dans le dossier actuel, je remets tout l’historique des dossiers précédents, et au fur et à mesure j’enregistre les bilans et les factures. Cela me fait gagner beaucoup de temps au moment d’envoyer le renouvellement de dossier.

Mon objectif ? Ne jamais sortir de chez un patient sans avoir eu au moins un sourire !

Les sites internet à connaitre :